Montmartre Paris itinéraire : les incontournables à découvrir en une journée
Montmartre se découvre comme une ville dans la ville. On y monte pour ses panoramas, on y reste pour ses ruelles, ses ateliers d’artistes, ses cafés et cette lumière particulière qui accroche les façades blanches. En une journée, il est possible de voir les lieux incontournables sans transformer la visite en course d’orientation parisienne. Voici un itinéraire à pied, pensé pour prendre le temps de regarder autour de soi.
Depuis Amsterdam, Paris paraît parfois plus vaste, plus bruyante et un peu moins ordonnée qu’une promenade le long des canaux. Pourtant, Montmartre possède quelque chose de familier : des rues où l’on aime se perdre, des terrasses animées et une histoire qui affleure à chaque coin de rue. Prévoyez de bonnes chaussures, car la butte porte bien son nom : elle se mérite quelque peu.
Le matin : commencer par la basilique du Sacré-Cœur
Pour débuter cette journée, rejoignez la station de métro Anvers, sur la ligne 2. En sortant, le Sacré-Cœur apparaît déjà au bout de la rue, posé au sommet de la butte comme un immense navire de pierre. La montée par la rue de Steinkerque est animée, parfois très fréquentée, mais elle donne rapidement accès au grand escalier de la basilique.
La basilique du Sacré-Cœur a été construite à la fin du XIXe siècle, après la guerre franco-prussienne et les événements de la Commune de Paris. Son architecture romano-byzantine, avec ses coupoles blanches et ses lignes arrondies, tranche avec les églises parisiennes plus classiques. Le bâtiment est réalisé en pierre de Château-Landon, réputée pour rester blanche au contact de la pluie. Paris a donc trouvé une manière assez élégante de faire nettoyer ses monuments par la météo.
L’entrée dans la basilique est gratuite, mais une tenue correcte et le respect du silence sont demandés. À l’intérieur, le grand décor en mosaïque attire immédiatement le regard. Le Christ en gloire, réalisé sur plusieurs années, compte parmi les plus vastes mosaïques du monde. Prenez quelques minutes pour observer les détails : la lumière y est douce, presque dorée, et contraste avec l’agitation de l’esplanade.
Les visiteurs les plus courageux peuvent également monter jusqu’au dôme, accessible par un escalier de plusieurs centaines de marches. L’effort est réel, mais la récompense est spectaculaire : la vue embrasse les toits de Paris, la tour Eiffel, le quartier de La Défense et, par temps dégagé, une partie de la région parisienne. L’accès au dôme est payant et peut être soumis à des horaires spécifiques ; vérifiez les informations avant votre visite.
Le panorama depuis les marches
Après la visite, installez-vous quelques instants sur les marches du Sacré-Cœur. Le regard descend naturellement vers les toits gris, les arbres et les grandes avenues parisiennes. C’est l’un des meilleurs points de vue gratuits de la capitale, même si l’endroit est rarement désert.
Pour profiter d’une atmosphère plus calme, arrivez tôt le matin, avant les groupes et les vendeurs ambulants. Les premières heures offrent aussi une lumière superbe sur la ville. Lorsque le soleil commence à monter, les toits semblent se superposer jusqu’à l’horizon. On comprend alors pourquoi tant de peintres et de photographes ont choisi Montmartre comme atelier à ciel ouvert.
Restez attentif à vos affaires dans les secteurs très fréquentés et déclinez poliment les sollicitations insistantes. Le panorama est gratuit, mais il ne nécessite pas de signer un bracelet ou de participer à un jeu improvisé sur les marches.
La place du Tertre et le Montmartre des artistes
Depuis le Sacré-Cœur, empruntez la rue du Cardinal-Dubois puis la rue Azais pour rejoindre la place du Tertre. Cette petite place pavée est l’un des symboles les plus connus de Montmartre. Les chevalets y sont installés presque côte à côte, entre les terrasses de cafés et les façades anciennes.
La place rappelle l’époque où Montmartre attirait les peintres, les écrivains et les chansonniers. Renoir, Modigliani, Picasso et Utrillo ont fréquenté le quartier, notamment autour du célèbre Bateau-Lavoir, ancien atelier devenu un lieu majeur de l’histoire de l’art moderne. Le Montmartre bohème n’existe plus tout à fait sous sa forme d’origine, mais son souvenir demeure dans les enseignes, les portraits et les anecdotes racontées par les artistes présents.
Observez les peintres au travail, mais demandez toujours le prix avant de poser pour un portrait. Une caricature réalisée en quelques minutes peut être un joli souvenir, à condition d’éviter la surprise au moment de régler. Pour déjeuner, les alentours regorgent de restaurants, mais les adresses situées directement sur la place sont souvent plus chères. Une rue parallèle suffit généralement à trouver un menu plus intéressant.
À quelques pas, la petite église Saint-Pierre de Montmartre mérite une visite. Elle est beaucoup moins connue que le Sacré-Cœur, ce qui lui permet de conserver une atmosphère paisible. Ses origines remontent au Moyen Âge et certains éléments témoignent encore de l’ancien village de Montmartre, bien avant son rattachement à Paris en 1860.
Déjeuner dans les ruelles de la butte
Pour une pause agréable, éloignez-vous légèrement de la place du Tertre. Les rues des Abbesses, des Trois Frères, des Martyrs ou des Abbesses proposent de nombreuses boulangeries, petits restaurants et comptoirs de quartier. Une formule simple avec une quiche, une salade ou un plat du jour permet de repartir sans alourdir la suite de l’itinéraire.
Les amateurs de gastronomie peuvent aussi choisir un bistrot traditionnel. Montmartre n’est pas uniquement un décor romantique : c’est un quartier vivant, fréquenté par ses habitants, avec ses marchés, ses commerces de proximité et ses cafés où l’on vient encore lire le journal. Prenez le temps de lever les yeux. Entre deux enseignes modernes apparaissent souvent une ancienne marquise, une mosaïque Art nouveau ou une façade couverte de lierre.
Sur les traces d’Amélie Poulain
Après le déjeuner, descendez vers la rue des Abbesses et la rue Lepic. Ce secteur est idéal pour ressentir l’ambiance quotidienne de Montmartre. La rue Lepic grimpe et descend entre commerces, cafés et immeubles typiquement parisiens. Elle mène notamment au café des Deux Moulins, rendu célèbre par le film Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.
Le café a conservé une partie de son décor associé au film, même si Montmartre ne se résume évidemment pas aux aventures d’Amélie. La devanture attire les visiteurs, tandis que les habitués viennent simplement boire un café ou déjeuner. Une halte rapide suffit pour les cinéphiles, surtout si vous préférez consacrer davantage de temps aux rues du quartier.
Un peu plus bas, le moulin de la Galette rappelle une autre époque de Montmartre. Les moulins servaient autrefois à moudre le blé et à presser le raisin. Au XIXe siècle, le moulin devient aussi un lieu de danse et de divertissement. Renoir l’a immortalisé dans son célèbre tableau Bal du moulin de la Galette, où l’on devine l’atmosphère joyeuse des dimanches montmartrois.
La maison de Dalida et les rues les plus photogéniques
Poursuivez vers la rue de l’Abreuvoir, probablement l’une des rues les plus photographiées de Montmartre. Avec ses pavés, ses maisons colorées et ses plantes grimpantes, elle semble avoir été conçue pour une carte postale. Au bout de la rue se trouve la Maison Rose, dont la façade rose et verte attire immédiatement les regards. Le restaurant est devenu une véritable icône du quartier.
La rue de l’Abreuvoir mène au cabaret du Lapin Agile, installé dans une maison ancienne au charme singulier. Ce cabaret fut fréquenté par de nombreux artistes et poètes au début du XXe siècle. Il continue aujourd’hui à proposer des soirées de chanson française et de musique traditionnelle, dans une ambiance intimiste. Si vous souhaitez y assister, une réservation est vivement recommandée.
À proximité, la place Dalida rend hommage à la chanteuse qui a vécu à Montmartre. Sa statue attire les visiteurs, et une anecdote locale affirme que toucher la poitrine du monument porterait bonheur. Le bronze, un peu plus brillant à cet endroit, semble confirmer que les passants prennent cette tradition très au sérieux.
Pour une promenade plus tranquille, explorez l’avenue Junot et la villa Leandre. Cette dernière est une petite impasse bordée de maisons aux airs britanniques, avec des bow-windows et des jardins soigneusement entretenus. Le contraste avec les escaliers et les rues animées de la butte est étonnant. On se croirait presque dans un village anglais, à quelques minutes seulement du boulevard de Clichy.
Le musée de Montmartre et les jardins Renoir
Si vous souhaitez approfondir l’histoire artistique du quartier, le musée de Montmartre constitue une excellente étape. Installé dans plusieurs bâtiments historiques, il présente des œuvres et des documents liés à la vie artistique de la butte. Renoir y a notamment vécu et travaillé, et les jardins portent aujourd’hui son nom.
Le musée permet de mieux comprendre le Montmartre des cabarets, des ateliers et des fêtes populaires. Les collections évoquent des artistes comme Suzanne Valadon, Maurice Utrillo ou Toulouse-Lautrec, mais aussi les affichistes et les illustrateurs qui ont façonné l’image du quartier. Les jardins offrent par ailleurs une jolie pause, avec une vue sur les vignes de Montmartre.
Prévoyez environ une heure pour la visite. Les horaires et les tarifs peuvent varier selon les expositions temporaires ; consultez le site officiel avant de vous déplacer. C’est une étape particulièrement intéressante si le temps est gris ou si vous cherchez un moment plus calme après les rues très fréquentées.
Les vignes de Montmartre et le Clos Montmartre
Les vignes du Clos Montmartre sont plantées sur le versant nord de la butte, autour de la rue des Saules. Elles constituent un étonnant témoignage du passé rural du quartier. Avant l’urbanisation, Montmartre possédait de nombreux jardins et vignobles. Le vin produit aujourd’hui en petite quantité est vendu lors d’événements locaux, notamment la Fête des Vendanges.
Il n’est pas possible de se promener librement entre les rangs de vigne toute l’année, mais leur présence se découvre depuis les rues voisines. Le décor surprend : derrière les façades parisiennes apparaissent quelques parcelles vertes, comme une parenthèse campagnarde suspendue au-dessus de la ville.
Fin d’après-midi : descendre vers Pigalle
Pour terminer la journée, descendez progressivement vers Pigalle en empruntant la rue des Abbesses ou la rue des Martyrs. Cette dernière est l’une des artères commerçantes les plus animées du secteur. Boulangeries, pâtisseries, fromageries, cafés et boutiques indépendantes s’y succèdent. C’est l’endroit idéal pour acheter quelques spécialités françaises à rapporter, même si votre valise ressemble déjà à un exercice de géométrie.
La place des Abbesses mérite également un arrêt. Sa bouche de métro, ornée d’une structure Art nouveau dessinée par Hector Guimard, compte parmi les plus élégantes de Paris. La station conserve aussi l’un des rares accès en forme de kiosque encore visibles dans la capitale. Les amateurs d’architecture apprécieront les courbes végétales de la ferronnerie et les couleurs typiques du métro parisien.
En descendant vers Pigalle, vous passerez près du Moulin-Rouge, reconnaissable à son célèbre moulin rouge illuminé. Le cabaret a ouvert ses portes en 1889 et reste associé au cancan, aux costumes spectaculaires et à l’effervescence de la Belle Époque. Une réservation est nécessaire pour assister à un spectacle. Pour une simple photographie, la façade s’observe facilement depuis le boulevard de Clichy, mais l’endroit est très fréquenté en soirée.
Conseils pratiques pour réussir cette journée
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Commencez tôt, surtout le week-end et pendant les vacances scolaires. Les abords du Sacré-Cœur et la place du Tertre se remplissent rapidement.
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Portez des chaussures confortables : escaliers, pavés et rues en pente font partie du charme, mais aussi de l’effort.
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Prévoyez une bouteille d’eau. Les fontaines et les commerces ne sont jamais très loin, mais la montée vers la basilique peut être plus sportive qu’elle n’en a l’air.
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Utilisez le funiculaire de Montmartre si vous souhaitez éviter une partie des escaliers. Il fonctionne avec un titre de transport parisien classique.
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Réservez à l’avance pour le musée de Montmartre, le Moulin-Rouge ou le Lapin Agile, particulièrement lors des périodes de forte affluence.
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Gardez votre téléphone et votre portefeuille dans une poche fermée dans les lieux très fréquentés.
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Pour une photographie plus réussie, privilégiez le matin dans les ruelles et la fin de journée depuis les hauteurs. La lumière devient alors plus douce sur les toits de Paris.
Ce parcours représente environ six à huit kilomètres selon les détours et les visites choisies. Il peut être réalisé tranquillement sur une journée, avec une pause déjeuner et plusieurs arrêts dans les cafés. Montmartre n’est pas un quartier que l’on coche rapidement sur une liste : il faut accepter ses pentes, ses foules, ses escaliers et ses petites surprises.
En quittant la butte, vous aurez peut-être l’impression d’avoir traversé plusieurs époques en quelques heures : le Paris religieux du Sacré-Cœur, le village médiéval de Saint-Pierre, la bohème des peintres, le Montmartre du cinéma et le Pigalle nocturne. Une journée bien remplie, certes, mais avec cette sensation agréable d’avoir laissé quelques rues inexplorées. C’est souvent le meilleur prétexte pour revenir à Paris.
