Marché aux puces Amsterdam : où chiner et quels trésors trouver dans la ville

Marché aux puces Amsterdam : où chiner et quels trésors trouver dans la ville

À Amsterdam, il y a deux types de voyageurs : ceux qui visitent les musées… et ceux qui fouillent les caisses poussiéreuses à la recherche d’un vieux vinyle ou d’une lampe industrielle cabossée. Si vous lisez ces lignes, vous appartenez probablement à la deuxième catégorie — ou vous êtes en train d’y basculer dangereusement.

Les marchés aux puces d’Amsterdam ne sont pas de simples lieux de vente : ce sont des morceaux de ville à ciel ouvert, où se mélangent accent néerlandais, odeur de stroopwafels et souvenirs d’un autre siècle. On y va autant pour chiner que pour observer, discuter, s’inventer des histoires sur la vie passée des objets.

Pourquoi chiner à Amsterdam est si particulier

Amsterdam a longtemps été un port du monde. Résultat : ce qui se vend sur les étals est souvent le reflet de siècles de commerce, de voyages et de vies bien remplies. On peut tomber sur :

  • une valise en cuir qui a probablement fait plusieurs fois le tour de l’Europe en train de nuit,
  • une porcelaine ramenée des anciennes colonies,
  • un vélo vintage qui a survécu à des dizaines d’hivers le long d’un canal,
  • un uniforme militaire, un appareil photo argentique, un plan de la ville des années 50…

Ce mélange d’histoire marchande, de culture du recyclage et de design néerlandais crée un terrain de jeu idéal pour les amateurs de seconde main. Et contrairement à d’autres capitales européennes, les marchés d’Amsterdam restent encore, pour beaucoup, très accessibles côté prix.

Waterlooplein : le marché aux puces historique du centre

S’il y a un nom à retenir, c’est celui-ci : Waterlooplein. C’est le plus ancien marché aux puces d’Amsterdam, situé à deux pas du centre, juste derrière l’Opéra (Stopera) et le long d’un canal. En quelques minutes à pied depuis le Rembrandtplein, vous y êtes.

Ambiance : un joyeux bazar organisé. Les stands s’alignent, certains regorgent de bric-à-brac en vrac, d’autres sont presque des petites boutiques de collectionneurs.

On y trouve notamment :

  • Vêtements vintage et fripes : vestes militaires, jeans usés, manteaux de fourrure synthétique, chemises à motifs 70’s, t-shirts de groupes de rock inconnus.
  • Objets de curiosité : masques, vieux appareils photos, instruments de musique abîmés, jumelles, globes terrestres, affiches anciennes.
  • Souvenirs & gadgets : badges, magnets, affiches rétro d’Amsterdam, anciens panneaux de rue, timbres et cartes postales jaunies.
  • Livres, BD, vinyles : rayon parfait pour ceux qui aiment fouiller. Beaucoup de néerlandais, mais de belles trouvailles internationales se cachent parfois dans les bacs.

Une fois, en fouillant sans grande conviction dans une caisse de vinyles, je suis tombé sur une édition néerlandaise d’un album de Jacques Brel, couverture un peu abîmée, mais disque en parfait état. Le vendeur m’a raconté, dans un mélange de néerlandais et d’anglais, que ce disque avait appartenu à un ancien marin belge installé à Amsterdam. Vraie histoire ou pure invention de marché ? Peu importe. C’est aussi ça, le plaisir de chiner : les récits qu’on achète avec l’objet.

Infos pratiques :

  • Ouvert du lundi au samedi, généralement de la fin de matinée à la fin d’après-midi.
  • Accessible à pied depuis le centre, ou en métro/tram (station Waterlooplein).
  • Prévoyez du liquide, même si de plus en plus de vendeurs acceptent la carte.

IJ-Hallen : le géant du week-end dans les anciens docks

Si vous aimez les marchés aux puces, l’IJ-Hallen est un passage quasi obligatoire. On le présente souvent comme l’un des plus grands marchés aux puces d’Europe. Et ce n’est pas exagéré : des centaines de stands, étalés dans d’anciens entrepôts industriels et sur le quai, au bord de l’IJ.

Pour y aller, direction Amsterdam-Noord : on traverse l’eau gratuitement en empruntant le ferry depuis la gare centrale. Déjà, la traversée fait partie de l’expérience. Une fois de l’autre côté, on suit le flot de chineurs en direction du site de NDSM, ces anciens chantiers navals devenus repère d’artistes, de fresques géantes et de cafés alternatifs.

À l’IJ-Hallen, on trouve de tout, vraiment :

  • Meubles et déco : chaises industrielles, luminaires récupérés d’anciens bureaux, petites commodes, miroirs, cadres, lettres d’enseignes.
  • Mode seconde main : du cheap au très stylé. Fringues de marque, manteaux de laine, sacs vintage, chaussures, ceintures, chapeaux.
  • Objets du quotidien : vaisselle, jouets, électronique, outils, petits appareils ménagers qui ont encore quelques années devant eux.
  • Trésors cachés : pièces de design néerlandais des années 60-70, affiches de concerts, pièces de vélo anciennes, accessoires de bateau…

C’est le genre d’endroit où on vient pour “juste jeter un œil” et on repart avec une lampe de bureau en métal, un cardigan norvégien et un lot de vieilles cartes topographiques. Vécu.

Infos pratiques :

  • L’IJ-Hallen n’est pas ouvert toutes les semaines : les dates varient, souvent un week-end par mois.
  • Entrée généralement payante mais modique (quelques euros).
  • Arrivez tôt si vous voulez les meilleures affaires… ou en fin de journée pour tenter de négocier davantage.

Petit conseil de survie : prévoyez de bonnes chaussures et un sac solide. Après quelques heures à arpenter les allées, vous comprendrez pourquoi.

Noordermarkt : entre brocante chic et marché gourmand

Changement d’ambiance. Direction le quartier du Jordaan, ce labyrinthe de ruelles charmantes, de canaux serrés et de façades légèrement penchées. Au cœur de ce décor de carte postale se trouve la Noordermarkt, une place pavée dominée par une belle église, où se tient l’un des marchés les plus agréables d’Amsterdam.

La particularité : ici, le marché change de visage selon le jour.

Le lundi matin : place au marché aux puces et aux vêtements d’occasion. On y trouve :

  • fripes soigneusement sélectionnées,
  • linge ancien, dentelles, nappes,
  • bijoux, objets de brocante, petits tableaux,
  • livres, vieux magazines, pièces de collection.

Le samedi : la Noordermarkt se transforme plutôt en marché bio et artisanal, mais on trouve aussi quelques stands de brocante. C’est l’occasion idéale pour chiner en croquant dans une pomme bio ou en sirotant un jus frais.

Si vous aimez les ambiances de quartier, les discussions à mi-voix en néerlandais, les cafés où l’on s’attarde après le marché, le Jordaan et la Noordermarkt sont faits pour vous. On peut facilement combiner une matinée de chine et une balade le long des canaux voisins.

Albert Cuyp et autres marchés de quartier : la chine au quotidien

Le marché de l’Albert Cuyp, dans le quartier de De Pijp, est surtout connu comme un grand marché de produits frais, de snacks, de vêtements et d’objets du quotidien. Mais en fouillant bien, surtout vers certaines échoppes un peu plus anciennes, on peut tomber sur :

  • vêtements d’occasion mélangés au neuf,
  • vieux outils, quincaillerie,
  • petits objets déco ou de cuisine vintage.

Ce n’est pas un marché aux puces à proprement parler, mais pour qui aime observer la vie locale, c’est une belle immersion. Et on peut toujours y compléter sa journée de chine en goûtant un hareng cru, une gaufre, ou en repartant avec un stock de fromages.

D’autres marchés de quartier, plus petits, valent parfois le détour pour ceux qui restent plusieurs jours :

  • Dappermarkt à l’est de la ville : plus populaire, très multiculturel.
  • Certains marchés temporaires ou “pop-up” dans des cours d’écoles, des églises ou des centres culturels, souvent annoncés localement.

Quels trésors peut-on vraiment espérer trouver ?

On pourrait croire qu’en 2026, tous les trésors ont déjà été dénichés. Heureusement, Amsterdam a la peau dure en matière de seconde main. Voici ce que vous avez de vraies chances de trouver :

  • Design néerlandais vintage : lampes, chaises, petites pièces de mobilier des années 50 à 80. Parfois signées, parfois anonymes, mais souvent avec ce mélange de simplicité et de fonctionnalité typiquement hollandais.
  • Objets liés au vélo : vieilles sonnettes, phares, selles, cadres, plaques. Le vélo étant une religion locale, les marchés regorgent de pièces qui font de superbes objets déco.
  • Cartes & plans anciens : très beaux encadrements possibles pour une déco murale. Cartes de navigation, plans d’Amsterdam, cartes scolaires des Pays-Bas.
  • Vinyles & cassettes : beaucoup de musique néerlandaise, mais aussi des perles internationales à qui sait fouiller. Parfait pour ramener un souvenir sonore de la ville.
  • Textiles & linge de maison : nappes à motifs rétro, couvertures en laine, torchons à l’ancienne, parfois même des tenues folkloriques oubliées.
  • Livres en plusieurs langues : Amsterdam étant très cosmopolite, on trouve des livres en anglais, allemand, parfois français, et une belle offre en néerlandais pour les plus courageux.
  • Art amateur et affiches : petits tableaux, gravures, affiches de films, de concerts, de campagnes publicitaires d’époque. Un moyen simple d’emmener un morceau visuel de la ville chez soi.

Un bon réflexe : imaginer où l’objet va vivre chez vous avant de l’acheter. Une lampe industrielle dans un petit studio sous les toits ? Une grande carte maritime dans un couloir étroit ? Parfois, le plus raisonnable, c’est simplement de prendre une photo. Parfois seulement.

Comment négocier (sans froisser le légendaire flegme néerlandais)

La question que tout le monde se pose : peut-on marchander à Amsterdam ? Oui… mais avec tact.

Quelques règles simples :

  • Restez souriant et détendu : ici, on préfère la discussion calme aux drames dignes d’un souk.
  • Proposez un prix raisonnable : demander 50 % de réduction d’emblée risque de mettre fin à la négociation.
  • Regroupez vos achats : si vous prenez plusieurs objets sur le même stand, demandez un prix global. C’est souvent mieux accepté.
  • Observez l’heure : en fin de marché, certains vendeurs sont plus enclins à baisser les prix pour éviter de tout remballer.

Et n’oubliez pas : derrière chaque stand, il y a quelqu’un qui a passé du temps à dénicher, transporter, exposer ses objets. Un sourire et quelques mots d’anglais ou de néerlandais (“Dank je wel” fait toujours plaisir) font partie de l’expérience.

Pratique : horaires, météo, transports, argent

Quelques repères pour organiser vos sessions de chine à Amsterdam :

  • Météo : beaucoup de marchés sont en plein air. À Amsterdam, une averse peut surgir sans préavis. Prévoyez un parapluie compact ou une veste imperméable.
  • Horaires : la plupart des marchés commencent en fin de matinée et finissent en milieu ou fin d’après-midi. Les véritables lève-tôt (et négociateurs) arrivent dès l’ouverture.
  • Transports : Amsterdam est compacte. Beaucoup de marchés sont accessibles à pied ou à vélo depuis le centre. Sinon, tram, métro et ferry (pour l’IJ-Hallen) font très bien l’affaire.
  • Argent : prévoyez du liquide, même si les terminaux de paiement deviennent la norme. Certains petits stands restent fidèles au cash.
  • Bagages : si vous voyagez léger, attention au volume de vos trouvailles. Un fauteuil en rotin dans le train retour, c’est une expérience, mais pas forcément un plaisir.

Itinéraire idéal pour une journée de chine à Amsterdam

Pour une première immersion, voici une suggestion de journée :

  • Matin : commencez par la Noordermarkt (un lundi pour la brocante, un samedi pour le mélange marché bio/brocante). Prenez un café dans un bar voisin, observez les habitants du Jordaan démarrer leur journée.
  • Fin de matinée : baladez-vous dans les ruelles du Jordaan, entre petites boutiques et ateliers, puis redescendez tranquillement vers le centre historique.
  • Début d’après-midi : direction Waterlooplein pour tester une autre ambiance, plus bigarrée, plus dense. Fouillez les bacs, discutez, laissez-vous tenter par un objet que vous n’auriez jamais pensé acheter.
  • Fin d’après-midi : si c’est un week-end d’IJ-Hallen, prenez le ferry pour Amsterdam-Noord et finissez la journée dans les entrepôts géants, avant de boire un verre sur le quai. Sinon, laissez-vous dériver vers l’Albert Cuyp ou un autre marché de quartier pour une touche plus quotidienne.

En une seule journée, vous aurez vu plusieurs visages d’Amsterdam : la ville de carte postale, la ville des docks réinventés, la ville des habitants qui cherchent une bonne affaire le lundi matin.

Chiner comme une manière de rencontrer la ville

Les marchés aux puces ne sont pas seulement des lieux où l’on achète. Ce sont des scènes de vie. À Amsterdam, ils racontent la ville autrement que les musées et les guides officiels.

En fouillant dans une caisse de livres, vous tombez sur les lectures d’un étudiant d’Amsterdam-Est. En soupesant une lampe de bureau, vous tenez entre vos mains un fragment d’un ancien cabinet d’architecte. En choisissant un vieux maillot de football, vous adoptez un bout de la mémoire d’un supporter néerlandais.

Alors, la prochaine fois que vous viendrez à Amsterdam, posez votre téléphone, retroussez vos manches et laissez vos doigts fouiller les piles d’objets. Vous repartirez peut-être sans rien d’encombrant, mais rarement les mains – et la tête – vides.