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Amsterdam insolite : 7 lieux surprenants et méconnus à découvrir hors des sentiers battus

Amsterdam insolite : 7 lieux surprenants et méconnus à découvrir hors des sentiers battus

Amsterdam insolite : 7 lieux surprenants et méconnus à découvrir hors des sentiers battus

Amsterdam a beau être l’une des villes les plus visitées d’Europe, elle garde ses petits secrets avec une discrétion toute néerlandaise. Derrière les façades de briques sages et les canaux ordonnés, la capitale se révèle parfois décalée, poétique, carrément étrange. C’est cette Amsterdam-là, un peu souterraine, un peu cachée, que je vous propose de longer aujourd’hui, loin des files devant la Maison d’Anne Frank et du ballet de vélos sur le Dam.

Enfilez de bonnes chaussures, gardez l’esprit ouvert et, surtout, laissez le GPS respirer : certains de ces lieux se méritent en se perdant un peu.

NDSM Werf : la friche industrielle devenue terrain de jeu géant

Quand on parle d’Amsterdam, on imagine rarement un ancien chantier naval tapissé de graffitis XXL, des grues rouillées reconverties en hôtels design et des containers transformés en ateliers d’artistes. Bienvenue à NDSM Werf, au nord de la ville, de l’autre côté de l’IJ.

Le trajet fait déjà partie de l’expérience : un ferry gratuit depuis la gare centrale, le vent qui fouette, les mouettes qui commentent votre traversée, et en cinq minutes, vous voilà dans une autre dimension. L’Amsterdam carte postale reste derrière vous; ici, tout est brut, large, presque cinématographique.

Parmi les immenses entrepôts, vous tomberez sur des sculptures improbables, des installations artistiques en métal, des terrasses bricolées mais terriblement conviviales. Aux beaux jours, les locaux viennent y siroter une bière les pieds dans le sable à Pllek, un bar-restaurant monté à partir de vieux containers, face à l’eau. Un jour de pluie, il suffit d’entrer dans l’ancien hall de construction navale pour découvrir un patchwork d’ateliers, de galeries alternatives et de tags monumentaux.

De Poezenboot : le refuge flottant pour chats sur le canal

Un sanctuaire pour chats, installé sur une péniche, au milieu d’un canal : difficile de faire plus “Amsterdam insolite” que De Poezenboot. Au départ, c’est l’histoire d’une habitante qui a commencé à recueillir des chats abandonnés. Faute de place sur la terre ferme, elle a fini par investir une péniche… et le concept a flotté, littéralement.

Résultat : une association officiellement reconnue, où les félins vivent en liberté surveillée sur le bateau, observant le ballet des passants depuis les hublots. Certains sont à l’adoption, d’autres sont des pensionnaires à vie. On y croise aussi bien des Amstellodamois du quartier que des voyageurs qui viennent saluer ces résidents moustachus.

L’ambiance est touchante, un peu chaotique, toujours sincère. On parle bas, on écoute les histoires souvent cabossées de ces chats des canaux, et on repart avec quelques poils sur le pantalon et l’étrange impression d’avoir visité un micro-monde parallèle.

Electric Ladyland : le musée fluorescent où tout brille (même vos lacets)

Imaginez un sous-sol discret dans le quartier de Jordaan, une petite porte qui n’attire pas spécialement l’œil. Vous descendez quelques marches, et soudain tout s’illumine : bienvenue à Electric Ladyland, le premier (et unique) musée au monde dédié à l’art fluorescent.

Ici, les pierres, les objets, les sculptures… tout réagit à la lumière ultraviolette. On se croirait dans un laboratoire psychédélique des années 70, avec une bande-son assurée par Jimi Hendrix – hommage assumé dans le nom du lieu. Le propriétaire, véritable encyclopédie vivante de la fluorescence, vous embarque dans une visite guidée où la science se mêle à la poésie.

Le plus amusant ? Les visiteurs font partie de l’œuvre. Vos vêtements, vos lacets, votre sac… tout peut se mettre à briller soudainement. On ri, on s’étonne, on redevient gamin dans ce cabinet de curiosités lumineux.

Ons’ Lieve Heer op Solder : l’église secrète nichée dans un grenier

Amsterdam est connue pour sa tolérance, mais cela n’a pas toujours été aussi simple. Au XVIIe siècle, la pratique catholique était limitée et certaines communautés ont trouvé des parades ingénieuses. L’une des plus surprenantes se cache derrière une façade de brique très banale, à deux pas de Red Light District : Ons’ Lieve Heer op Solder, littéralement “Notre cher Seigneur au grenier”.

En entrant, on pense découvrir la maison bourgeoise classique d’un riche marchand néerlandais : salon lambrissé, cuisine historique, escaliers en bois qui grincent comme il faut. Puis, au dernier étage, le décor bascule : une véritable église baroque, avec autel, balcons, bancs, le tout compressé dans un grenier.

L’effet est saisissant. On visualise soudain les fidèles se faufilant discrètement, la liturgie chuchotée au-dessus d’une ville pourtant si commerçante et si ouverte. L’endroit a été magnifiquement restauré, et on y ressent encore une atmosphère suspendue, presque fragile.

Flevopark & distillerie ’t Nieuwe Diep : la campagne cachée à l’est d’Amsterdam

Si vous voulez voir où les habitants vont respirer quand le Vondelpark se transforme en festival permanent de barbecues et d’enceintes Bluetooth, filez vers l’est : le Flevopark. Ici, pas de hordes de touristes, mais des familles, des joggeurs, des chiens en goguette, et surtout une sérénité étonnante pour une métropole.

Les allées longent des pièces d’eau, des bosquets, des prairies qui ont des allures de campagne très sage. Un matin de brume, on pourrait presque croire que la ville a disparu. En été, les herbes hautes invitent à la sieste, et les bancs face aux étangs deviennent des postes d’observation privilégiés pour admirer le ballet des oiseaux.

Le clou du spectacle se trouve pourtant au cœur du parc : la distillerie artisanale ’t Nieuwe Diep, installée dans un ancien bâtiment de pompage au bord de l’eau. Une petite terrasse, des tables en bois, et une carte qui met à l’honneur les genièvres, liqueurs et bitters maison. Tout est préparé sur place, dans la plus pure tradition néerlandaise.

Vondelbunker : le bunker transformé en repaire culturel alternatif

Des milliers de visiteurs traversent chaque jour le Vondelpark sans jamais se douter qu’un bunker se cache sous leurs pieds, littéralement. En contrebas d’un pont, camouflée par les graffitis, une porte métallique donne accès au Vondelbunker, un ancien abri de la guerre froide reconverti en espace culturel underground.

À l’intérieur, tout est brut, un peu moite, franchement atypique : murs tagués, plafonds bas, lumière tamisée. On y organise des concerts, projections, soirées thématiques, expositions éphémères, souvent sur donation libre. Rien à voir avec les grandes salles aseptisées : ici, on est dans le DIY pur jus.

L’ambiance est bon enfant, la programmation imprévisible, et c’est précisément ce qui fait le charme du lieu. On y découvre parfois un groupe avant qu’il ne remplisse les grandes salles de la ville, ou un collectif artistique qui n’existe que le temps d’une soirée.

Café De Dokter : le plus minuscule bar brun d’Amsterdam

Dans une ville où les cafés bruns (ces bars traditionnels à l’ambiance boisée et tamisée) sont nombreux, De Dokter décroche volontiers la palme du plus minuscule. Une poignée de mètres carrés coincés dans une ruelle du centre, un comptoir, quelques tabourets, et la sensation d’entrer dans une capsule temporelle.

Fondé au XIXe siècle par un médecin de l’hôpital voisin – d’où son nom –, le lieu a gardé un charme authentique : plafonds bas, bibelots patinés, lumière jaune, bouteilles serrées les unes contre les autres derrière le bar. L’odeur mêlée de vieux bois, de bière et de poussière racontent presque autant d’histoires que les habitués.

On y vient pour un verre de jenever, une bière locale, ou simplement pour observer le ballet discret des clients qui se faufilent dans ce minuscule théâtre du quotidien. Les conversations se nouent facilement, surtout si vous choisissez un tabouret au comptoir – le bar est si petit que le silence y serait presque incongru.

Amsterdamse Bos & la chèvrerie Ridammerhoeve : la ferme en pleine forêt

On finit ce tour par un grand bol d’air. Au sud d’Amsterdam s’étend l’Amsterdamse Bos, une immense forêt aménagée, trois fois plus grande que Central Park, où les citadins viennent courir, ramer, pique-niquer, ou simplement oublier la notion même d’horaires. Les sentiers s’entrecroisent, les canaux serpentent, et les hauts peupliers découpent le ciel comme dans un tableau de Ruisdael.

Au cœur de cette vaste étendue verte, un lieu fait systématiquement fondre les visiteurs : la chèvrerie biologique Ridammerhoeve. Une vraie ferme, avec chèvres, poules, cochons, vaches, terrain de jeux pour les enfants, et une petite terrasse où l’on déguste glaces, fromages et gâteaux préparés sur place.

C’est l’endroit idéal pour oublier un instant que vous êtes à quelques arrêts de tram du centre-ville. Les enfants donnent le biberon aux chevreaux, les adultes observent la chorégraphie tranquille des animaux, tout le monde se retrouve autour d’un morceau de fromage de chèvre encore tiède.

Amsterdam ne se limite ni à ses musées mondialement connus, ni à ses vitrines rouges, ni à ses coffeeshops parfois caricaturaux. Elle se glisse aussi dans ces lieux à taille humaine, souvent nés d’initiatives locales, d’histoires personnelles, d’arrangements discrets avec l’histoire ou l’urbanisme.

La prochaine fois que vous viendrez flâner le long des canaux, laissez-vous tenter par un ferry vers une friche artistique, une porte discrète qui cache une église de grenier, un petit escalier qui mène à un bunker culturel ou une péniche habitée par des chats. C’est souvent dans ces détours-là que la ville, soudain, commence vraiment à vous parler.

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