Au large d’Alaminos, dans la province de Pangasinan, le Hundred Islands National Park déploie un paysage qui semble sorti d’un carnet d’aventures tropicales : des îlots calcaires couverts de végétation, une mer turquoise et des falaises sculptées par le vent et les marées. Malgré son nom, le parc ne compte pas exactement cent îles. On en recense généralement 124 à marée basse, parfois 123 ou 124 selon les sources et le niveau de l’eau. Aux Philippines, même les chiffres aiment garder une part de mystère.
Accessible depuis Manille en quelques heures de route, cet archipel est l’une des grandes escapades de l’île de Luçon. On y vient pour une excursion en bateau, une baignade dans des eaux limpides, une tyrolienne au-dessus du lagon ou simplement pour contempler un décor étonnamment paisible. Voici tout ce qu’il faut savoir pour organiser une découverte réussie du parc national.
Un archipel né de la mer et du temps
Les îles du parc sont des formations calcaires anciennes, façonnées par l’érosion. Certaines ressemblent à de petits pains de sucre, d’autres à des tortues, des champignons ou des morceaux de falaise posés sur l’eau. Leur silhouette change selon la lumière : au lever du jour, les rochers prennent des teintes grises et argentées ; sous le soleil de midi, la mer devient presque irréelle, d’un bleu vif qui ferait pâlir n’importe quelle carte postale.
Le parc a été créé en 1940 et couvre une vaste zone marine autour des îlots. Plusieurs d’entre eux sont accessibles aux visiteurs, tandis que d’autres restent protégés afin de préserver les oiseaux, les fonds marins et la végétation côtière. Cette alternance entre espaces aménagés et zones sauvages donne au Hundred Islands son caractère particulier : on peut y pratiquer des activités très touristiques, puis retrouver quelques minutes plus tard une crique où seuls les oiseaux de mer semblent avoir réservé leur place.
Comment rejoindre le Hundred Islands National Park
La porte d’entrée principale du parc est le Lucap Wharf, le quai situé à Alaminos. C’est ici que les visiteurs enregistrent leur excursion et embarquent sur les bateaux traditionnels à moteur. Depuis Manille, il faut compter environ quatre à cinq heures de trajet selon la circulation. Les bus longue distance desservent Alaminos depuis plusieurs terminaux de la capitale, notamment Pasay, Cubao ou parfois Sampaloc.
Pour davantage de liberté, la voiture de location ou le véhicule avec chauffeur permettent de combiner le parc avec d’autres étapes de Pangasinan. La route est longue, mais elle traverse des paysages ruraux intéressants : rizières, petits marchés, échoppes colorées et villages où les journées commencent tôt. Prévoyez toutefois une marge confortable. Aux Philippines, la distance indiquée sur une carte ne tient pas toujours compte des embouteillages, des arrêts improvisés et du jeepney qui décide soudain de devenir le maître du tempo.
Depuis Alaminos, le quai de Lucap se rejoint facilement en tricycle ou en taxi local. Les formalités sont généralement organisées sur place : paiement des droits d’entrée, choix du bateau et, selon la formule retenue, réservation d’un guide ou d’équipements nautiques.
La meilleure période pour visiter l’archipel
La période la plus agréable s’étend généralement de novembre à mai, pendant la saison plus sèche. Les mois de mars, avril et mai offrent souvent une mer calme et une belle visibilité pour la baignade ou le snorkeling. En contrepartie, les week-ends et les vacances philippines peuvent être très fréquentés, en particulier autour de Pâques.
La saison humide, de juin à octobre, n’interdit pas complètement la visite, mais les conditions sont plus incertaines. Une mer agitée peut entraîner des modifications d’itinéraire, voire l’annulation des excursions. Les îles sont parfois magnifiques sous un ciel couvert, mais une tyrolienne au-dessus de l’eau devient nettement moins séduisante lorsque le vent joue les trouble-fête.
- Partez tôt le matin pour profiter d’une mer plus calme et d’une lumière plus douce.
- Consultez les prévisions météorologiques avant de réserver une sortie en bateau.
- Évitez les jours fériés et les longs week-ends si vous recherchez davantage de tranquillité.
- Prévoyez une protection solaire, un chapeau, des chaussures qui ne craignent pas l’eau et une veste légère pour le trajet en bateau.
Les îles emblématiques à découvrir
Une excursion classique inclut plusieurs îles célèbres. Le parcours exact varie selon la météo, la durée choisie et l’affluence, mais certaines étapes reviennent presque toujours.
Governor Island est réputée pour son point de vue. Après avoir grimpé quelques marches, on découvre un panorama remarquable sur les îlots environnants. C’est l’endroit idéal pour comprendre la géographie du parc : une mosaïque de rochers verts posés sur une mer aux nuances de jade et de cobalt. Les photographes y trouveront facilement leur bonheur, surtout lorsque les bateaux tracent de fines lignes blanches à la surface de l’eau.
Quezon Island est l’une des plus populaires et des mieux aménagées. On y trouve des espaces pour se détendre, des zones de pique-nique et plusieurs activités nautiques. L’île porte le nom de Manuel Quezon, ancien président du Commonwealth des Philippines. Elle constitue souvent une étape pratique pour déjeuner, se baigner ou enfiler un gilet avant de tester une attraction plus sportive.
Children’s Island séduit particulièrement les familles grâce à ses eaux peu profondes et à son atmosphère plus tranquille. Les enfants peuvent y profiter de la mer sous la surveillance des adultes, tandis que les visiteurs moins téméraires apprécient une baignade sans avoir à affronter de fortes vagues.
Marcos Island est connue pour sa grotte marine et son plongeoir. Les visiteurs qui le souhaitent peuvent sauter dans l’eau depuis une plateforme, à condition de respecter les consignes du personnel et de vérifier la profondeur. L’entrée dans la grotte, lorsque les conditions sont favorables, offre une expérience amusante : on quitte la lumière éclatante du large pour pénétrer dans une cavité fraîche et sombre, avant de ressortir directement dans la mer.
D’autres îles portent des noms évocateurs, comme Monkey Island ou Bat Island. La présence d’animaux peut varier selon les périodes et les conditions naturelles ; il ne faut donc pas s’attendre à une parade organisée de singes ou de chauves-souris. La nature, heureusement, ne suit pas toujours le programme imprimé sur les brochures.
Que faire dans le parc national ?
La promenade en bateau reste l’activité centrale. Les embarcations longent les falaises, contournent des îlots inhabités et s’arrêtent dans plusieurs baies. Le trajet est déjà une expérience en soi : le bateau file entre les formations rocheuses tandis que le vent apporte une odeur de sel et de végétation humide.
La baignade est possible dans plusieurs zones désignées. L’eau est généralement chaude et agréable, mais le port d’un gilet de sauvetage peut être obligatoire selon l’endroit et les règles locales. Même les bons nageurs doivent rester prudents : les courants, les rochers immergés et les embarcations rendent certaines zones moins adaptées à la nage libre.
Le snorkeling permet d’observer quelques poissons et des fonds marins intéressants, même si le parc n’est pas toujours comparable aux grands sites coralliens des Visayas ou de Palawan. La visibilité dépend fortement de la météo et de la fréquentation. Pour préserver l’écosystème, ne touchez pas les coraux, ne nourrissez pas les poissons et évitez les crèmes solaires particulièrement nocives pour le milieu marin.
Les amateurs de sensations fortes peuvent essayer la tyrolienne, notamment sur Quezon Island ou Governor Island selon les installations ouvertes. Suspendu au-dessus de l’eau, on traverse le paysage en quelques secondes avec une vue imprenable sur les rochers. Le trajet est bref, mais le cri de départ, lui, peut parfois faire le tour de l’archipel.
Le kayak est une autre manière agréable d’explorer les environs. Il permet de s’éloigner du bateau, de pénétrer dans des recoins calmes et de prendre le temps d’observer les falaises. Les conditions de location et les zones autorisées changent selon les îles ; renseignez-vous auprès du personnel avant de partir.
Tarifs, bateau et organisation de la visite
Les prix évoluent régulièrement et dépendent du nombre de personnes, du type de bateau, de la durée de l’excursion et des activités choisies. Il faut généralement régler séparément ou en complément les droits d’entrée du parc, la location du bateau, les frais environnementaux et certaines attractions.
Les bateaux peuvent souvent accueillir plusieurs passagers. Voyager en groupe permet donc de réduire le coût par personne. Les visiteurs seuls ou en couple peuvent demander à partager une embarcation, mais cela dépend de l’affluence et de l’organisation du jour.
Une excursion d’une journée suffit pour découvrir les îles principales. Pour un rythme plus détendu, prévoyez une nuit à Alaminos. Vous pourrez commencer la visite tôt, éviter une partie de la foule et profiter de la ville en soirée. Certains hébergements proposent des formules incluant le transport jusqu’au quai ou l’organisation de la sortie.
Il est préférable de réserver à l’avance pendant les périodes très demandées. Sur place, vérifiez ce qui est compris dans le prix : nombre d’îles visitées, durée de mise à disposition du bateau, équipement de snorkeling, repas et frais supplémentaires. Une petite clarification au guichet évite les grandes discussions au milieu du lagon.
Que manger et où dormir à Alaminos ?
Alaminos offre un choix d’hébergements allant de la petite pension familiale aux établissements plus confortables. Dormir près de Lucap Wharf facilite le départ matinal. Pour une expérience plus locale, éloignez-vous légèrement du quai et explorez les restaurants fréquentés par les habitants.
La cuisine de Pangasinan mérite une place dans le voyage. Goûtez au pigar-pigar, une préparation de viande sautée avec des oignons et des légumes, très appréciée dans la région. Les produits de la mer sont également présents sur les tables : poissons grillés, calamars, crevettes et coquillages accompagnent souvent le riz, incontournable aux Philippines.
Pour le déjeuner dans le parc, certains visiteurs apportent leur propre pique-nique ou commandent un repas auprès des opérateurs locaux. Utilisez une gourde réutilisable et limitez les emballages jetables. Un sandwich laissé derrière soi peut sembler minuscule, mais multiplié par des centaines de visiteurs, il devient rapidement un problème bien plus grand qu’un simple oubli.
Respecter un environnement fragile
Le Hundred Islands National Park est un espace protégé, et sa beauté dépend directement du comportement des visiteurs. Ne laissez aucun déchet, ne prélevez ni coquillage ni morceau de corail et ne grimpez pas sur les formations rocheuses lorsque cela est interdit. Les oiseaux et les autres animaux doivent être observés à distance.
Les récifs et les herbiers marins sont particulièrement vulnérables. Ne marchez pas sur les coraux, même lorsque l’eau semble peu profonde, et utilisez un équipement adapté pour flotter sans vous appuyer sur le fond. Les guides locaux connaissent les zones sensibles : leurs consignes ne sont pas là pour ralentir la journée, mais pour permettre au parc de rester vivant.
Enfin, privilégiez les opérateurs officiels et les bateaux enregistrés. Cette démarche contribue à la sécurité des passagers et au financement de la conservation. Le meilleur souvenir à rapporter est une série de photographies, pas un morceau d’île glissé dans une poche.
Conseils pratiques pour une journée réussie
- Arrivez tôt au Lucap Wharf, surtout le week-end.
- Emportez de l’argent liquide pour les frais locaux, les repas et les activités.
- Gardez vos appareils électroniques dans une pochette étanche.
- Prévoyez une tenue légère, un maillot de bain et des vêtements de rechange.
- Appliquez régulièrement de la crème solaire et buvez suffisamment d’eau.
- Respectez les zones de baignade et portez le gilet demandé par l’équipage.
- Demandez au batelier quelles îles sont réellement accessibles le jour de votre visite.
Le Hundred Islands National Park ne se résume pas à une collection de petits îlots numérotés. C’est un paysage vivant, façonné par la mer, habité par des oiseaux et profondément lié à l’histoire touristique de Pangasinan. Entre les falaises couvertes de végétation, les lagons lumineux et les villages du littoral, l’archipel offre une parenthèse dépaysante à quelques heures de l’agitation de Manille. Une journée sur l’eau suffit pour comprendre pourquoi ces îles continuent d’attirer les voyageurs : ici, chaque virage du bateau révèle un nouveau décor, comme si l’horizon avait décidé de ne jamais répéter la même image.
